Good girls revolt : l’histoire du féminisme racontée dans une série

Si l’on fait le tour du monde des séries TV, les romans fantastiques, les dystopies, l’univers paranormal, ainsi que les séquences historiques font partie des bases de l’inspiration des scénaristes.
Alors que la série The Handmaid’s tale remet l’accent sur le féminisme en présentant une société qui a privé les Femmes de leurs droits fondamentaux, je me suis interrogée sur les modèles féminins qui ont guidé ma vie. Les femmes artistes scientifiques, écrivains, politiques qui ont fait l’Histoire, grâce à leur refus des conventions, aux combats qu’elles ont mené pour que des femmes, comme moi ou comme vous, puissent vivre leur vie de manière indépendante.

Les débuts du féminisme

Pourquoi cette question ? Parce qu’en fait, en visionnant le énième clip dans lequel des femmes très peu vêtues dansaient de manière suggestive (et même si cela reste un droit inaliénable de s’exposer ainsi), je me suis demandé qui étaient les modèles féminins actuels.
Pour le savoir, il suffirait d’interroger les jeunes filles d’aujourd’hui, c’est clair. Mais, j’en étais à ce stade de mes réflexions, lorsque j’ai découvert une pépite de série TV, en faisant le tour de la sélection présentée par Amazon Prime Video.

La série Good girls revolt est basée sur des faits réels, qui se sont déroulés lors de l’émergence du féminisme.

J’ai commencé à visionner les épisodes de Good Girls Revolt (série découverte sur le tard, il est vrai !), pendant mes pauses de travail, afin de me détendre. Quand il faut rédiger de nombreux articles, suite à de grosses commandes, et que l’on doit tenir des délais serrés, il faut savoir décompresser pour rester efficace. Visionner des séries est une des activités qui me permet de lâcher prise et de rester efficace. Mais pour cela, il faut que le sujet soit bon. Celui de Good Girls Revolt est excellent.

Cette série de dix épisodes d’une cinquantaine de minutes relate les aventures de jeunes femmes qui travaillent au sein d’un grand magazine fictif américain, News of the Week, tenu par des hommes, en 1969. Cantonnées au rôle d’enquêtrices, elles n’ont pas le droit de rédiger ou de co-signer les articles sur lesquels elles travaillent. Basée sur le roman éponyme écrit par Lynn Povich, lui-même basé sur des faits réels, la série peut être considéré comme historique. Elle se base, en effet, sur le procès intenté par les femmes du magazine Newsweek contre leur employeur.

Un combat nécessaire

Good Girls Revolts est une série palpitante pour plusieurs raisons :

  • elle montre le travail de rigueur et d’investigation nécessaire à la rédaction d’articles de qualité. Le travail de journaliste à l’ère des téléphones à cadran et de la photographie argentique n’était pas une sinécure et le travail de fourmi réalisé par les enquêtrices et les journalistes pour confirmer chaque information rédigée était tout simplement impressionnant. En tant qu’aspirante journaliste, je ne pouvais qu’apprécier.
  • elle montre également le travail fourni par ces jeunes femmes passionnantes, pour la plupart effacées. Un travail d’analyse, de réflexion bourré de références aux grands auteurs (aaaah, quel rafraîchissement de voir évoluer des femmes de 25 ans cultivées), à une époque où la libération des mœurs et les combats pour l’égalité étaient au centre des débats aux Etats-Unis.
Instigatrice de la révolte des femmes, cette enquêteuse quitte la rédaction de News of the week pour devenir reporter.

Pour ces femmes, la seule perspective était de se marier, fonder un foyer et élever des enfants. Ce qui est un beau rôle, ne nous le cachons pas, lorsque ce choix de vie a été réalisé de manière personnelle. Et c’est ce que la série tente de démontrer.

Les hommes, quant à eux, bénéficient du prestige lié à leurs fonctions. Bien que travaillant main dans la main avec les enquêtrices, ils ne remettent pas en cause un système qui les avantage. Seule une femme reporter, effectuant un passage éclair dans la rédaction (elle démissionnera après quelques jours), le fera.

Une série qui met en scène des femmes courageuses

Plusieurs rôles se démarquent dans ce cadre :

  • Patti Robinson : jeune femme de 24 ans, interprétée par Geneviève Andelson. Brillante, cultivée, libérée, cette jeune enquêtrice vit une relation avec l’un des meilleurs journalistes du magazine. Aspirant reporter, elle démontre un esprit volontaire et est l’instigatrice de la révolte orchestrée par les femmes du magazine.
  • Cindy Reston (interprétée par Erin Darke) : femme mariée, brillante secrétaire de rédaction, elle est en charge des légendes du magazine et souhaite devenir écrivain. Malheureuse en ménage, elle a tendance à trop boire et glisse progressivement dans l’alcoolisme. Réservée au départ, elle se libère peu à peu, au contact du groupe de féministe, découvrant une nouvelle sexualité et intégrant les femmes à la tête du mouvement de révolte. Un beau rôle, complexe et ambigu, à la fois.
  • Jane Hollander : fille de bonne famille, cultivée, elle est considérée comme la meilleure enquêtrice du magazine. Hautaine, sûre d’elle, elle se sent peu appréciée par le groupe de femmes et est hostile au projet de plainte, au départ. Pensant qu’elle pourra décrocher une rédaction grâce à ses compétences professionnelles, elle propose un sujet à l’éditeur. Le sujet étant proposé à une rédactrice extérieure au magazine, elle rejoint le mouvement, puis en devient progressivement la porte-parole. Son rôle est significatif car Jane, bien que brillante et aisée se montre au départ conformiste. Fiancée depuis deux ans, elle attend de se marier avant de quitter le magazine. Son fiancée la quitte après qu’elle lui ait posé un ultimatum. La jeune femme commence à remettre son monde en question, suite à sa déception. Elle découvre son envie d’être journaliste, commence à s’intégrer aux groupes de femmes… et à s’épanouir, tout simplement, en prenant part au combat. Un rôle magnifique !
    Jane, Cindy et Patti, les principales héroïnes de Good girls revolt.

     

  • Eleanor Holmes Norton (personnage existant), interprétée par Joy Bryant : personnage emblématique de la lutte des femmes du magazine,  elle est l’avocate de l’A.C.L.U qui a informé les femmes du magazine de leurs droits. Femme charismatique et sûre d’elle, elle pousse les plaignantes  à sortir de leur torpeur et à agir en distillant des phrases choc et en tenant des discours féministes novateurs pour l’époque. Une des phrases marquantes du show est d’ailleurs : « Les femmes ne toléreront plus d’être considérées comme des citoyens de seconde zone ! » Tout est dit ! Eleanor Norton Holmes est devenue une femme politique américaine de renom et est actuellement déléguée à la chambre des représentants des Etats-Unis (représentante de Washington).

Les rapports avec les hommes

La série n’est pas fondée sur des rapports conflictuels entre les hommes et les femmes du magazine fictif News of the Week. Au contraire, ceux-ci sont plutôt respectueux et se déroulent sur fonds d’aventures romantiques et sexuelles communes à tout univers mixte. Patti, l’une des héroïnes principales, vit d’ailleurs une histoire d’amour avec un des reporters du journal Doug Rhodes (interprété par Hunter Parris) et un début d’aventure avec Finn Woodhouse, le brillant et charismatique rédacteur en chef du magazine. On assiste, au cours des épisodes, à des conversations avec Patti, au cours desquelles Doug et Finn essaient de comprendre le point de vue des femmes, sur différents sujets.

Si les hommes du magazine respectent l’intelligence de leurs collaboratrices, il ne remettent pas en question le rapport hiérarchique injuste établi par le magazine. Reprenant dans leurs articles des passages rédigés par les enquêtrices, ils tiennent pour acquis le fait que les femmes ne puissent apparaître en tant que co-auteures des articles. Cette hiérarchie injuste est remise en cause, de manière légitime par les enquêtrices qui se rendent également compte que les hommes sont payés trois plus qu’elles.

Que reste-t-il du féminisme aujourd’hui ?

série

Good girls Revolt est une série qui vaut le détour. Elle m’a interpellée, émue aux larmes, révoltée (en tant que rédactrice), mais elle m’a surtout rappelé que des femmes se sont battues pour que nous, les femmes des générations suivantes, puissions bénéficier de droits qu’elles n’avaient pas.

Quand elles expriment la passion qu’elles ont pour leur métier, leur besoin d’être reconnues (juste en demandant à être co-auteure créditée), elles ne font qu’exprimer des aspirations qui sont à nos portées, aujourd’hui. Les écoles de journalistes sont pleines de jeunes femmes talentueuses, qui y apprennent un métier difficile mais passionnant. De nos jours, les femmes journalistes signent leurs articles sans problème.

Les revendications défendues par les héroïnes ne mettent en image qu’une partie des combats menés par les femmes, par le passé. Et savoir d’où nos droits sont issus nous permet de rester vigilantes et de ne pas les considérer comme acquis. Alors respectons nos aînées et le courage qu’il leur a fallu pour bousculer le patriarcat ! Rendons leur hommage en faisant preuve d’élégance, en démontrant notre intelligence, tout en restant belles et sexy !

Oeuvrons pour que la femme de demain reste une femme digne, courageuse, volontaire, féminine, cultivée et que la société reste respectueuse des individus ! Il suffisait que je visionne une série TV comme Good girls revolt pour me le rappeler ! N’est-ce pas également le rôle des séries de ce genre !

 

Mise en ligne le 28 octobre 2016 sur Amazon Prime Video, la série The Good girls a été annulée après une saison. Toutefois, en 2017, grâce aux protestations des acteurs et des fans, la réalisation d’une seconde saison a été évoquée par Sony Pictures Television. L’annulation reste malheureusement à l’ordre du jour, pour le moment.  Je vous encourage donc à visionner la saison 1, à partager cet article et laisser vos commentaires, en bas de page !

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Sabrina Biodore

Rédactrice web, auteure et blogueuse, je suis fan de séries TV et de cinéma. J'ai choisi la thématique des séries, pour mon premier blog, car, à mon sens, elles nous aident à réfléchir et à amorcer des axes de réflexion sur le monde d'aujourd'hui. Elles ont d'ailleurs, un impact sur celui-ci. N'hésitez pas à commenter les articles, apporter des suggestions, vous inscrire sur la page Facebook Serial series Addict ou (pourquoi pas !), me soutenir via ma page Tipee. Bienvenue à tous les serial series @ddicts et bonne lecture !!! Ma page Facebook : https://www.facebook.com/Serial-Series-Addict-2176766489031110/ Mon compte Twitter : https://twitter.com/sbiodore Mon compte Linkedin : https://www.linkedin.com/in/sabrinabiodore/ Ma page Tipee : https://fr.tipeee.com/serial-series-addict

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